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L’idéal de beauté masculin est imperméable aux modes. Si le nu féminin est omniprésent dans l’art jusqu’à saturer notre imaginaire, le nu masculin reste timide, tout en étant un canon culturel immuable. Parce que le corps de l’homme est un support de représentation symbolique, osons le nu masculin dans l’art, au fil du temps ; osons autant le nude (nu) que le naked (déshabillé) en anglais.

28 Nov

Elisar Von Kupffer, fondateur de la religion androgyne Clariste. 3

Publié par Romain  - Catégories :  #19ème, #20ème siècle

Elisar von Kupffer - salle de bain

Elisar von Kupffer - salle de bain

Né en Estonie, le peintre Elisàr von Kupffer (1872 – 1942) fonde une religion avec celui qui deviendra son compagnon de vie, Eduard Von Mayer, un fils d’aristocrates ukrainiens, que son éducation ultra-puritaine a rendu profondément mélancolique et révolté. Cette religion  qu’il baptise «Clarisme» a pour but de réformer la communauté des vivants en un siècle.

En 1915, Elisarion et Eduard s'installent en Suisse, à Muralto. En 1925, ils achètent un terrain près d'Ascona, à Minusio, et font bâtir une maison qui sera également un temple. En 1927, ils l'inaugurent sous le nom de Sanctuarium Artis Elisarion.

Pour comprendre le Clarisme, il faut se référer à l'ouvrage Das Mysterium der Geschlechter (Le mystère des sexes), publié en 1923 : Eduard von Mayer y développe la théorie selon laquelle chaque être se compose de cellules bisexuelles animées par le désir de dépasser la différence des sexes qui est la cause de toutes les souffrances. Pour atteindre l'état de bienheureux, il faut donc opérer cette transfiguration, suivant l'exemple d'Elisarion : il se voyait, en tant qu'éphèbe, comme la manifestation incarnée du «monde clair». Pour lui, les éphèbes étaient des êtres supérieurs, ayant réalisé l'union des contraires, et des «corps transcendant» autrement dit des «Araphrodites», c'est-à-dire un mélange d'Arès (dieu de la guerre) et d'Aphrodite (déesse de l'amour). Elisarion se considérait à la fois comme fondateur d'une religion, chef d'État, chevalier du château du Graal et araphrodite androgyne. Eduard, son disciple, se battait à ses côtés pour qu'advienne un monde meilleur gouverné suivant les principes de l'eudémocracie (une «direction de la nation par les meilleurs de tous les horizons»). Le culte impliquait de se purifier au contact des vibrations émises par les bienheureux.

Elisar von Kupffer - vue arrière

Elisar von Kupffer - vue arrière

Elisar von Kupffer - pelure

Elisar von Kupffer - pelure

Elisar von Kupffer - Saint Sébastien

Elisar von Kupffer - Saint Sébastien

Elisar Von Kupffer, fondateur de la religion androgyne Clariste. 3
Elisar von Kupffer - trois ames - 1913

Elisar von Kupffer - trois ames - 1913

Elisar von Kupffer - trois

Elisar von Kupffer - trois

Voir le corps d'Elisarion (en photo, en peinture ou en vrai) avait valeur de rite : ce corps, étant parfait, dégageait des ondes capables d'illuminer l'esprit, de mettre les humains en état de grâce. Elisarion, d'ailleurs, se peignait et se photographiait constamment – ainsi que d'autres jeunes garçons au corps proche du sien – afin que son image puisse guérir toutes les âmes. Son art était thaumaturgique. Son sanctuaire brouillait les frontières qui sépare la maison du musée et le musée du lieu de culte. La rotonde (à laquelle on ne pouvait accéder qu'après avoir traversé des espaces nommés «méditation» et «ascension») était «l'incarnation architecturale et figurative de ce moment où la joie, que nous préférons ici avec une expression inhabituelle appeler l'extase intérieure, remplit l'âme, qui à son tour voit la vie éternelle dans une représentation libre et sereine dans la lumière» . Créer l'euphorie par l'image et par la présence. Voilà ce dont rêvait Elisarion. «La peinture circulaire Chiaro Mondo dei Beati reste peut-être l'une des représentations les plus importantes de l'Arcadie du XXe siècle», résume un de ses défenseurs, le critique d'art Fabio Ricci. Il est vrai que la voir laisse une impression d'euphorie durable. On s'en arrache presque à regret tant elle irradie l'innocence.

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 1

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 1

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 2

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 2

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 3

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 3

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 4

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 4

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 5

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 5

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 6

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 6

Elisar Von Kupffer, fondateur de la religion androgyne Clariste. 3
Elisar Von Kupffer, fondateur de la religion androgyne Clariste. 3
Elisar Von Kupffer, fondateur de la religion androgyne Clariste. 3
Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 7

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 7

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 8

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 8

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 9

Elisar von Kupffer - le monde clair des bienheureux - panneau 9

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À propos

L’idéal de beauté masculin est imperméable aux modes. Si le nu féminin est omniprésent dans l’art jusqu’à saturer notre imaginaire, le nu masculin reste timide, tout en étant un canon culturel immuable. Parce que le corps de l’homme est un support de représentation symbolique, osons le nu masculin dans l’art, au fil du temps ; osons autant le nude (nu) que le naked (déshabillé) en anglais.