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L’idéal de beauté masculin est imperméable aux modes. Si le nu féminin est omniprésent dans l’art jusqu’à saturer notre imaginaire, le nu masculin reste timide, tout en étant un canon culturel immuable. Parce que le corps de l’homme est un support de représentation symbolique, osons le nu masculin dans l’art, au fil du temps ; osons autant le nude (nu) que le naked (déshabillé) en anglais.

05 Dec

Elisar Von Kupffer, fondateur de la religion androgyne Clariste. 4

Publié par Romain  - Catégories :  #19ème, #20ème siècle

Elisar Von Kupffer, fondateur de la religion androgyne Clariste. 4

Né en Estonie, le peintre Elisàr von Kupffer (1872 – 1942) fonde une religion avec celui qui deviendra son compagnon de vie, Eduard Von Mayer, un fils d’aristocrates ukrainiens, que son éducation ultra-puritaine a rendu profondément mélancolique et révolté. Cette religion  qu’il baptise «Clarisme» a pour but de réformer la communauté des vivants en un siècle.

En 1915, Elisarion et Eduard s'installent en Suisse, à Muralto. En 1925, ils achètent un terrain près d'Ascona, à Minusio, et font bâtir une maison qui sera également un temple. En 1927, ils l'inaugurent sous le nom de Sanctuarium Artis Elisarion.

Pour comprendre le Clarisme, il faut se référer à l'ouvrage Das Mysterium der Geschlechter (Le mystère des sexes), publié en 1923 : Eduard von Mayer y développe la théorie selon laquelle chaque être se compose de cellules bisexuelles animées par le désir de dépasser la différence des sexes qui est la cause de toutes les souffrances. Pour atteindre l'état de bienheureux, il faut donc opérer cette transfiguration, suivant l'exemple d'Elisarion : il se voyait, en tant qu'éphèbe, comme la manifestation incarnée du «monde clair». Pour lui, les éphèbes étaient des êtres supérieurs, ayant réalisé l'union des contraires, et des «corps transcendant» autrement dit des «Araphrodites», c'est-à-dire un mélange d'Arès (dieu de la guerre) et d'Aphrodite (déesse de l'amour). Elisarion se considérait à la fois comme fondateur d'une religion, chef d'État, chevalier du château du Graal et araphrodite androgyne. Eduard, son disciple, se battait à ses côtés pour qu'advienne un monde meilleur gouverné suivant les principes de l'eudémocracie (une «direction de la nation par les meilleurs de tous les horizons»). Le culte impliquait de se purifier au contact des vibrations émises par les bienheureux.

Voir le corps d'Elisarion (en photo, en peinture ou en vrai) avait valeur de rite : ce corps, étant parfait, dégageait des ondes capables d'illuminer l'esprit, de mettre les humains en état de grâce. Elisarion, d'ailleurs, se peignait et se photographiait constamment – ainsi que d'autres jeunes garçons au corps proche du sien – afin que son image puisse guérir toutes les âmes. Son art était thaumaturgique. Son sanctuaire brouillait les frontières qui sépare la maison du musée et le musée du lieu de culte. La rotonde (à laquelle on ne pouvait accéder qu'après avoir traversé des espaces nommés «méditation» et «ascension») était «l'incarnation architecturale et figurative de ce moment où la joie, que nous préférons ici avec une expression inhabituelle appeler l'extase intérieure, remplit l'âme, qui à son tour voit la vie éternelle dans une représentation libre et sereine dans la lumière» . Créer l'euphorie par l'image et par la présence. Voilà ce dont rêvait Elisarion. «La peinture circulaire Chiaro Mondo dei Beati reste peut-être l'une des représentations les plus importantes de l'Arcadie du XXe siècle», résume un de ses défenseurs, le critique d'art Fabio Ricci. Il est vrai que la voir laisse une impression d'euphorie durable. On s'en arrache presque à regret tant elle irradie l'innocence.

 

Un polyptyque monumental à la gloire de la Clarté

Cette peinture est une oeuvre inouïe qui témoigne d'un projet aussi bizarre qu'original : Il s'agit d'un cyclorama, c'est-à-dire d'un tableau couvrant toute la surface d'une salle ronde. Pour la voir, il faut y entrer. Elle vous encercle. Vous êtes au milieu, environné par 84 figures humaines à taille quasi réelle qui s'enlacent dans des paysages idylliques de montagne et de mer. La structure de ce tableau circulaire reproduit celle des quatre saisons et se décompose en 33 tableaux correspondant aux 33 strophes d'un poème ésotérique. 

Figuration du paradis à 360°, l'œuvre hypnotique s'intitule «Le monde clair des bienheureux». Elle a été peinte entre 1923 et 1930. Elle constitue le cœur de ce que le peintre considérait comme un véritable sanctuaire. Pour la voir, il fallait être invité et se vêtir d'une tenue androgyne afin de laisser derrière soi son identité sociale et sexuelle. Un escalier peint en violet et une pièce obscure servaient de sas, d'antichambres préparatoires à la révélation. Le cyclorama était censé faire vibrer le visiteur en harmonie avec l'Eden représenté sur la toile. Le voir devait procurer une extase d'autant plus intense qu'il mettait en scène le corps démultiplié du maître des lieux, Elisarion (Elisàr von Kupffer), créateur du Clarisme. 

Elisar Von Kupffer, fondateur de la religion androgyne Clariste. 4
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L’idéal de beauté masculin est imperméable aux modes. Si le nu féminin est omniprésent dans l’art jusqu’à saturer notre imaginaire, le nu masculin reste timide, tout en étant un canon culturel immuable. Parce que le corps de l’homme est un support de représentation symbolique, osons le nu masculin dans l’art, au fil du temps ; osons autant le nude (nu) que le naked (déshabillé) en anglais.