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L’idéal de beauté masculin est imperméable aux modes. Si le nu féminin est omniprésent dans l’art jusqu’à saturer notre imaginaire, le nu masculin reste timide, tout en étant un canon culturel immuable. Parce que le corps de l’homme est un support de représentation symbolique, osons le nu masculin dans l’art, au fil du temps ; osons autant le nude (nu) que le naked (déshabillé) en anglais.

11 Sep

La beauté virile du pugilat

Publié par Romain  - Catégories :  #Antiquité

Pugiliste des thermes

Pugiliste des thermes

Le pugilat est un sport ancêtre de la boxe anglaise, avec son usage exclusif des poings. A contrario des sports de lutte, c'est un affrontement à distance.
Par extension, on nomme pugilat, en Occident, toute technique de combat pieds-poings, par opposition aux disciplines de corps à corps. C’est devenu une expression courante désignant des bagarres informelles à coups de poing.
On a retrouvé des représentations de combat à mains nues remontant à la civilisation sumérienne du IIIe millénaire av. J.-C. L'Iliade d'Homère mentionne un combat de pugilat qui se serait déroulé vers 1100 av. J.-C. durant le siège de Troie. Il était, avec le pancrace et la lutte, l'un des trois arts martiaux pratiqués durant les Jeux olympiques antiques à partir de la 23e olympiade (688 av. J.-C.) qui couronne le premier champion olympique de cette discipline, Onomaste de Smyrne. Tissandre de Naxos triomphe quatre fois dans cette discipline (record inégalé pour les olympiades : cela représente plus de douze ans de suprématie!) en 572, 568, 564, et 560 av. J.-C.[1] et Théagène de Thasos fut le champion le plus complet en remportant la palme dans des compétitions de pugilat, mais aussi de pancrace et même de 5000 m.
Les combats étaient très violents, d'après les écrits de leurs contemporains, d'autant que, pour ne pas se fracturer les doigts, les pugilistes protégeaient leurs poings de himantes ou cestes, c'est-à-dire des lanières de cuir, qui ne protégeaient en revanche pas leur cible contre les coupures. En témoigne encore le pugiliste des Thermes, une statue en bronze qui représente un athlète après le combat, les oreilles coupées, le visage et les mains couverts de blessures. Sous sa forme romaine, le pugilat sera l'une des plus anciennes disciplines des jeux de combat dans l’amphithéâtre, avant l'apparition des combats de gladiateurs.
Contrairement à la boxe moderne, il n'y avait pas de catégories de poids et le combat n'était pas séparé en rounds, et il ne pouvait s'achever que sur abandon ou sur KO, la mort d'un des participants étant un événement très rare. Si la rencontre était trop longue, on utilisait une procédure particulière, appelée le climax pour départager les adversaires : à tour de rôle, chacun des deux combattants assénait un coup à son adversaire, qui n'avait pas le droit de le parer, ni même de bouger ; un jet de pièce déterminait le premier combattant à frapper, qui était vu comme le favori des dieux.
Le pugilat est interdit en 392 par l'empereur Théodose Ier, en même temps que les Jeux olympiques eux-mêmes. Il réapparaît en Angleterre au XVIIe siècle, la noblesse se divertissant en pariant sur des « rencontres de pugilat » clandestines. 
La boxe moderne est née au milieu du XIXe siècle, quand le marquis de Queensberry instaure un ensemble de règles, qui imposent le port des gants, définissent des catégories de poids, limitent les rounds à trois minutes, interdisent les coups sur un adversaire à terre et le combat au finish. Les combats deviennent alors plus rapides et moins brutaux, mais beaucoup plus techniques, ce qui leur permet de sortir de la clandestinité.
 

Pugiliste des thermes - détail
Pugiliste des thermes - détail

Pugiliste des thermes - détail

pugiliste victorieux - mosaïque Naples

pugiliste victorieux - mosaïque Naples

Comme tous les sports antiques en Grèce les athlètes pratiquaient le pugilat nus. Seuls les hommes pratiquaient le sport, les femmes restant à la maison.

Pausanias raconte que lors de la XVème Olympiade, en 720 av JC, le coureur Orsippos de Mégare perdit son pagne lors de sa course et termina nu. Dès lors, à son imitation, tous les athlètes disputèrent les épreuves nus.

Dans le courant du Vème siècle av JC, la nudité des athlètes a été étendue aux entraineurs. 

Pour les sports de combat comme le pugilat, l'athlète enduisait son corps d'huile, mettant ainsi en valeur sa musculature.

La nudité dans le sport est un marqueur fort de l'hellénisme. La raison en est en partie culturelle : la nudité sportive différenciait les Grecs des barbares. Elle ne trouve néanmoins pas d'explication rationnelle, la nudité n'apportant rien à l'exercice de la plupart des sports pratiqués (javelot, disque, saut, lutte, pancrace ou pugilat). Elle peut même constituer une gêne physique pour la course ou la lutte.

L'explication a donc sans doute en grande partie à voir dans la relation entre le nu et le sacré. En effet, souvent lors des fêtes et des procession, les Grecs sont nus en public. Aristophane mentionne la procession des éphèbes nus lors des Panathénées, fête donnée à Athènes en l'honneur d'Athéna. Les dieux étant le plus souvent figurés nus, la nudité assimile la nudité à son dieu. 

Paul Landowski - le pugiliste - 1920

Paul Landowski - le pugiliste - 1920

pugiliste - étude

pugiliste - étude

Les pugiliste de Rhodes

Les pugiliste de Rhodes

pugiliste
pugiliste

pugiliste

pugiliste

pugiliste

pugilistes

pugilistes

pugiliste imberbe s'entrainant avec le korykos

pugiliste imberbe s'entrainant avec le korykos

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L’idéal de beauté masculin est imperméable aux modes. Si le nu féminin est omniprésent dans l’art jusqu’à saturer notre imaginaire, le nu masculin reste timide, tout en étant un canon culturel immuable. Parce que le corps de l’homme est un support de représentation symbolique, osons le nu masculin dans l’art, au fil du temps ; osons autant le nude (nu) que le naked (déshabillé) en anglais.